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Les trufficulteurs de la région accueillis par les Catalans

Les garrigues de la Catalogne produisent aussi une truffe noire parfumée. C’est ce que les trufficulteurs du Lot, du Tarn et Garonne, du Tarn, sans oublier ceux de l'Ariège, ont découvert au cours d’un voyage d’étude qui ne réunissait pas moins d’une cinquantaine de personnes.

Accueillis samedi 13 mars à Pézilla de Conflent dans le Fenouillet, le contact fut tout de suite chaleureux malgré une pluie persistante qui n’empêchait pas de découvrir les sites de production truffière aménagés parmi les chênes verts et kermès de la garrigue. Philippe N’Guyen pilotait un groupe sur d’anciennes terrasses viticoles reconverties à la trufficulture, dans une végétation de thym, santoline, salsepareille et vieux oliviers. « La truffe aime toutes ces plantes qui l’accompagnent et la nourrissent lorsque les brûlés deviennent puissants », expliquait Philippe N’Guyen.

Pierre Bernadach et Philippe N'Guyen

 La reconquête d’un territoire truffier sur la broussaille a été réalisée avec courage, obstination et est en train de porter ses fruits noirs et odorants. Curieusement, la brumale ou truffe musquée est absente de ces espaces et les travaux de débroussaillage, nettoyage et travail du sol produisent la mélano après 2 à 3 années. Au cours de la conférence improvisée dans le foyer rural après la visite sur le terrain, Pierre Bernadach, trufficulteur catalan, exposa ses différentes expériences d’arrosage des truffières dont les résultats de cette saison étaient perceptibles avec le concours de Ninou, le magnifique chien Labrador noir, à l’origine de nombreuses récoltes malgré la fin de la saison. Christian Malaurie, Président du Syndicat des trufficulteurs de Martel, remerciait nos hôtes pour l’intérêt suscité par leur trufficulture écologique et moderne. Cette méthode avait motivé la venue d'une équipe d'ariégeois ou l'on notait les présences de André Clare, Président du Syndicat des trufficulteurs de l'Ariège, et de Jean-François Rummens, Directeur des Affaires agricoles et de l'espace rural au Conseil général de ce département.

Dimanche 14 mars, c’est sur les hauteurs de Bélesta, d’où la vue sur le Canigou était splendide dans la lumière du matin, que débutait une nouvelle journée d’exploration et de formation sous la conduite de Roger Ribes, trufficulteur Catalan, aussi intrépide et volontaire que ses collègues du samedi. Les 6 ha visités couverts de chênes verts, kermès et noisetiers de Byzance se répartissent sur des sols calcaires, granitiques et schisteux. A la suite des apports de 20 tonnes de calcaire broyé à l’hectare, le propriétaire des lieux soulignait avoir obtenu de meilleurs résultats sur les sols initialement acides que sur les sols naturellement calcaires.Sa vision technique de la trufficulture fut l’objet d’un questionnement fourni et structuré par Pierre Sourzat, technicien à la Station trufficole du Montat, pour enrichir les participants à ce voyage d’étude. 

Roger Ribes au milieu du groupe

 Le groupage des arbres truffiers par deux ou trois sur les lignes, les apports d’eau pour la reprise des plants et la production, la taille sévère des chênes verts, le travail du sol, étaient autant de sujets d’analyse et de réflexion. Seulement deux arbres sont producteurs de truffes brumale et un de truffe blanche d’été, montrant que la Catalogne trufficole est privilégiée par rapport à de nombreuses régions du Sud-Ouest où la brumale est trop présente.

Les agapes, avec un menu typique, étaient l’occasion pour Jean-Paul Vincens, Président du Syndicat de Lalbenque, et Jean-Louis Lacam, Président du Syndicat des trufficulteurs du Tarn, de souligner toute la richesse de ces échanges entre gens de la truffe de différentes régions.

Nina Wollner et la truffe

 L’après-midi, le groupe fut reçu à Perpignan, pour des explications sur la fabrication des plants truffiers par Nina Wollner et un mystérieux savant prénommé Serge. La production de plants truffiers bénéficierait d’avancées techniques au niveau de la germination des spores qui rendent ensuite les arbres plus performants. Une dégustation de Muscat et de Banyuls vinifiés localement se prêtait à quelques derniers échanges entre André Porteils, Président du Syndicat des trufficulteurs des Pyrénées orientales, et quelques tarn-et-garonnais ou tarnais avides de comprendre les premiers succès rencontrés dans l’entreprise trufficole Catalane. Ce voyage, organisé sous l’égide la Fédération régionale des trufficulteurs de Midi-Pyrénées par le Lycée professionnel agricole de Cahors-Le Montat et sa station trufficole, fut un temps fort pour de nombreux passionnés de la trufficulture.

Cavage de truffes à Paris

Jeudi 5 mars 2004, le Salon international de l’agriculture a accueilli une animation sur la truffe dans le cadre du stand des Causses du Lot organisé par le Comité de promotion des produits du Lot avec le concours de nombreux partenaires dont le Comité départemental du tourisme et le Conseil général du Lot.

Kiki le cochon truffier sous le regard de la foule Odyssée et Patric sous l'objectif de la caméra de TF1

Le cochon Kiki, appartenant à Marthe Delon de Lalbenque, et la chienne Odyssée venue de Saint-Laurent Les Tours avec son maître Patrick Boris, réalisaient plusieurs démonstrations de recherches de truffes sous les yeux ébahis de nombreux visiteurs de tous âges. Il faut dire que les choses avaient été bien faites puisque plusieurs palettes de terre du causse de Saint-Géry avaient été étalées la veille au soir sous un décor de chênes pubescents et de genévriers à l’intérieur d’un ring de présentation d’animaux.

Cette animation était l’occasion d’exposer différents aspects du diamant noir du Quercy, notamment le développement actuel des plantations truffières, la qualité du produit sur les marchés aux truffes du Lot ainsi que le travail de recherche et d’expérimentation pour l’amélioration des résultats en trufficulture. Pierre Burg, Président de la Fédération départementale de trufficulteurs du Quercy, se devait de souligner les efforts du Conseil régional Midi-Pyrénées et du Département du Lot pour un renouvellement du potentiel truffier à travers les plantations, les rénovations et l’arrachage des vieux bois. Jean-Paul Vincens, Président du Syndicat des trufficulteurs de la région de Lalbenque, profitait des moments de répit entre deux cavages de Kiki, pour présenter le marché de Lalbenque, le plus important du Sud-Ouest, avec Limogne et Martel, dont la modestie n’enlève rien à la politique de qualité menée en faveur de la truffe noire du Quercy. Pierre Sourzat, responsable de la Station trufficole au L.P.A. de Cahors-Le Montat, micro en main après les exploits des animaux caveurs, développait quelques points techniques, voire savants, de la trufficulture en cours de mutation grâce aux travaux délicats conduits au cours de la dernière décennie.

Cette manifestation lotoise, qui bénéficiait des encouragements de la Fédération régionale des trufficulteurs de Midi-Pyrénées, a permis de valoriser dans un large consensus le précieux champignon emblématique des zones calcaires du Sud-Ouest. Le safran, l’agneau fermier, le fromage Rocamadour, les vins de Cahors et des coteaux du Quercy, et de nombreux autres produits de qualité émaillaient les commentaires des intervenants ainsi que les noms de sites touristiques prestigieux. Un souffle de gourmandise aux parfums de terroir est passé dans cette matinée parisienne sur la truffe grâce à un petit groupe de passionnés.